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Amon Amarth sur la scène du Knotfest 2019

Quand l’annonce du Knotfest a eu lieu, la promesse était de vivre une expérience pensée par SLIPKNOT, pour les fans de SLIPKNOT. Et ça tombe bien, je suis ultra client : leur musique a bercé mes années collège, j’aime bien leur univers, leurs masques et le certain mystère qui les entoure… SLIPKNOT a grandi avec ses fans, et c’est pour moi leur véritable force. Depuis 1995, leur son a changé, les 9 membres de l’Iowa se sont professionnalisés, ont joué dans des groupes différents (STONE SOUR, DJ STARSCREAM), ont perdu des membres fondateurs… Mais chaque album et chaque mouvement de line-up ont fait l’effet d’un mini tremblement de terre.

 

Knotfest Clisson 2019

 

Le Knotfest existe depuis 2012, le premier ayant eu lieu dans l’Iowa, justement (où jouait GOJIRA). Depuis, plusieurs éditions ont vu le jour, notamment au Mexique et au Japon. Il s’agit donc de la 1ère édition européenne, mais de la 12ème au total !

L’expérience Knotfest promet une ambiance « Carnaval sombre », avec des chapiteaux glauques, des cracheurs de feu et autres sortes de performances burlesques, mais inquiétantes. Des dires de Shawn, on ne devrait pas se sentir à l’aise à l’intérieur du Knotfest… Alors, deux questions : est-ce que le site du Hellfest peut tenir le cahier des charges de la bande de Corey Taylor ? La réponse est évidemment : oui ! Maintenant, est-ce que la promesse de vivre une expérience inoubliable centrée autour de SLIPKNOT est tenue ? A ce niveau, hélas, c’est raté…

 

Musée du Knotfest 2019 à Clisson (France)

 

Une chose est sûre : l’affiche est faite pour déplacer les foules, avec POWERWOLF, BEHEMOTH, AMON AMARTH et SABATON, qui remplissent depuis quelques années les salles de France et d’Europe. AMARANTHE ont acquis une grosse popularité en jouant en première partie de POWERWOLF sur la dernière tournée, qui se déroulait à guichets fermés. ROB ZOMBIE, c’est toujours un « mini-événement », surtout depuis son concert dantesque au Hellfest 2017. Quant à MINISTRY et SICK OF IT ALL, ils sont beaucoup plus rares en Europe.

Les deux mainstages du festival sont sollicitées : la première accueillera tous les groupes américains, pendant que la seconde sera réservée aux groupes européens.

Un musée est donc mis en place sous un chapiteau, la moitié étant réservée à l’exposition : décors et tenues de scènes des anciennes tournées sont mis à l’honneur, avec des fragments de batterie sur lesquels Joey Jordison a probablement frappé, ou encore la tenue de scène ainsi que la basse de feu Paul Gray, qui a officié sur scène avec le groupe de 1994 à 2010. Ce qui semble être un disque de platine, qui récompense le nombre de ventes d’un album, est aussi visible, mais rien n’est expliqué : c’est juste lâché comme ça au niveau de la Valley. Bref, ce chapiteau est l’unique chose qui différera du Hellfest, ce qui n’est pas fou, et il sera d’ailleurs démonté pendant la nuit.

 

Musée du Knotfest 2019 à Clisson (France)

 

Donc nous ne sommes pas vraiment dans l’expérience que le Knotfest promet : on sent qu’il est l’invité de marque du Hellfest, et qu’il n’a peut-être pas osé s’installer confortablement, de peur de déranger son hôte ou les habitués.

Mis a part les endroits encore inaccessibles (Altar, Temple, Valley et Warzone), nos marques sont déjà prises : la pelouse est magnifique (pour l’heure), les bars et les différents stands de nourriture sont ouverts, le merchandising est disponible… Mais voilà, si nous sommes là, c’est pour les concerts !

 

Knotfest 2019 à Clisson (France)

 

14h20, SICK OF IT ALL entre en scène, alors que beaucoup font la queue pour avoir du merch’ ou de la bière. À vrai dire, je suis incapable de dire s’il y a eu une intro : je n’ai remarqué le début du concert qu’au premier coup de guitare. Voilà donc une dizaine de chansons pour mettre l’ambiance avec un hardcore américain qui ramènera le monde au fur et à mesure des riffs. Le public est particulièrement excité aujourd’hui, pressé d’en découdre : on leur a mis des lignes au sol pour faire des « Wall Of Death », et il ne faudrait pas qu’elles ne servent qu’à décorer !

Le show d’AMARANTHE est bien plus convaincant qu’à Lyon, peut-être car le son est bien moins clean… Je n’ai pas l’impression que quelqu’un a simplement appuyé sur « play ». J’apprécierai la prestation de loin, mais il est clair que les Suédois tiendront le public éveillé. Mené par Elize Ryd et Henrik Englund, ainsi qu’une troisième voix assurée par Nils Molin, le mélange metal et pop se laisse facilement écouter en ce début d’après-midi.

Passons à MINISTRY, dont je ne suis pas un grand fan : un son moyen et une prestation sans grande ampleur feront que rien ne se dégagera pour moi du show que les Américains nous proposeront. Je ne me sens définitivement pas porté par leur metal Industriel…

C’est l’heure de filer boire une bière, car l’enchaînement qui nous attend sur les mainstage ne nous laissera pas de répit. En m’éloignant, je constate que l’on entend très bien le groupe depuis le Muscadet Kingdom (à croire que le son était répété ailleurs que sur la scène).

 

Knotfest 2019 à Clisson (France)

 

Étant le groupe de blackened death du moment, le Knotfest a misé sur une valeur sûre avec BEHEMOTH. Par contre, pourquoi les proposer si tôt ? « I Loved You At Your Darkest » est sûrement un des meilleurs efforts des Polonais. Porté par cet album, le groupe a donné un concert sans fausses notes, mais surtout, sans concessions. Une bonne partie du décor de la tournée des salles y est : pyrotechnie, masques, outro à la percussion seule… Sûrement un des meilleurs concerts de la journée, et le son est bon sur les 8 titres joués. J’espère revoir les Polonais plus tard lors de leur prochaine visite à Clisson : ils le méritent, et leur show n’en sera que plus impressionnant.

PAPA ROACH n’est pas came : en plus de ne pas aimer la musique que je trouve plutôt simpliste (et pourtant, j’aime le thrash !), je trouve que le chanteur surjoue. Je devrai donc les revoir en concert pour confirmer ce sentiment. Je connais quelques chansons, mais je n’arrive pas à rentrer dans l’univers du groupe. Dans la fosse, le public s’amuse, et c’est évidemment le principal.

 

 

Nous sommes prêts pour vivre la « Grande Messe du heavy metal », avec les prêtres de POWERWOLF. Les Allemands viennent de sortir « The Sacrament of Sin », et ont acquis de nouveaux fans en s’affichant avec Epica à Paris, ou encore dans toutes les grandes villes de France. Égal à lui-même, Attila Dorn a fait participer le public, pendant que Falk essayait de lui piquer la vedette. On sait que le jeu de scène est presque aussi répété que les morceaux, mais malgré tout, l’illusion est là. Un set d’une haute qualité est délivré, et je suis tout sourire aux lèvres quand il s’agit de lancer Demons Are A Girl’s Bestfriend. Je suis un peu attristé par la facilité de la setlist : beaucoup de perles sont cachées dans leurs albums, mais avec leurs hits et l’heure accordée, difficile de ravir tout le monde.

Sûrement le show que j’attends le plus de la soirée, celui de ROB Fuckin’ ZOMBIE, qui va installer la nuit avec lui. Mr Zombie va donc nous proposer plus d’une heure de set d’une qualité rare, d’ailleurs, il mettra le festival en retard en jouant une bonne vingtaine de minutes de plus que prévu. L’écrivain, réalisateur, acteur, producteur, dessinateur et peintre va nous prouver qu’il n’est pas à Clisson pour faire dans la dentelle : les écrans sont parfaitement bien utilisés, la production est bonne, semblable à celle qu’il avait amenée au Hellfest en 2017.

 

Rob Zombie sur la scène du Knotfest 2019

Rob Zombie

 

Quand on va voir Rob, on ne sait jamais ou donner de la tête : les lumières flashent de partout, les membres du groupe font toujours le show et éclipsent presque parfois le frontman, John 5 est une bête sur sa guitare, et Piggy D. à la basse dessert une prestation sans fausses notes. Vous pouvez regarder de partout, il ne fait aucun doute que vous louperiez quand même des choses, tellement c’est fouillé. Grosse surprise, la bande-annonce de son prochain film « 3 From Hell », projeté sur les écrans géants du Knotfest. Ou du Hellfest, puisque Rob lui-même ne semble pas faire la distinction, dans la mesure où il remerciera le « Hellfest » à chaque fois.

 

 

Il reste trois concerts, et pas des moindres : le premier est AMON AMARTH. Le groupe venu de Suède vient de sortir « Berseker », et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il ne fait pas briller le groupe, qui lui, a des envies d’international. L’album ne se permet aucune prise de risques, comme le set : à la tombée du drapeau, je ne suis donc pas surpris. Le décor de scène d’AMON AMARTH n’a pas bougé d’un pouce depuis leur dernière tournée. Ça a le mérite d’être efficace, avec une entrée sur The Pursuit of Vikings, enchainé d’un Deceiver of the Gods qui aura raison de la raison du public ! Surprise : ma chanson préférée Death in Fire est jouée, et je perds une partie de ma voix alors que Slipknot n’a pas encore commencé… Ça promet pour le reste du festival…

 

 

 

Le gros morceau de la soirée, le plat principal, le groupe qui a permis cette journée de mise en bouche possible, j’ai nommé SLIPKNOT, va entrer sur scène. La nuit est tombée, le groupe originaire de l’Iowa va délivrer un set de 17 morceaux faisant la part belle aux premiers albums, avec (sic), Get This, Spit It Out, Surfacing ou encore Disasterpiece. Lorsque le rideau tombe en ouvrant sur People=Shit, la claque est totale : je ne m’attendais pas ça. La scène est massive, impressionnante, et même si les cubes de lumières adoucissent leur musique, les membres sur scène sont presque véhéments envers leurs propres matériels.

On sent Corey totalement investi sous son masque. Exit la prestation en demi-teinte qu’il nous avait livrée en 2018 avec STONE SOUR : on retrouve un leader en pleine forme et en phase avec son groupe et son public.

Ce soir-là, le public enflammé démontre que SLIPKNOT a tout gagné en headlinant d’une main de maître son propre festival.

Place à « The Dead Headliner », comme ils se nomment eux-mêmes ! Hélas, SABATON n’a pas délivré une prestation mémorable au Knotfest… ratant même leur traditionnelle entrée  » All right, we are SABATON, we are from Sweden, we play heavy metal, and this song is called Ghost Division » (oui, je les ai vus plus de dix fois !). Fêtant la sortie de leur nouvel album « The Great War », la fête a été gâchée par un problème de voix ou de micro de Joakim. Hormis sur les refrains, il est difficile d’entendre distinctement les paroles, ce qui ne gâchera pas l’entièreté du plaisir, mais une grande partie tout de même.

Le groupe invitera un chœur à monter sur scène pour donner plus de puissance à leurs titres. La pyrotechnie est impressionnante, et c’est ce qui me fera rester jusqu’à 2h45 du matin. Joakim est très proche de son public : plus que des mots sur scène, il faut voir la relation qu’il entretient avec les différents groupes de fans de chaque pays. Je ne reste pas pour la musique, car en 6 ans, j’ai eu l’occasion de les voir dans de bien meilleures conditions, mais pour la bonne humeur communicative de Joakim. Si vous avez découvert SABATON au Knotfest et que vous avez été déçu du show, n’hésitez pas à aller les revoir, car pour moi, ce show n’a pas été représentatif de la qualité de leur musique.

 

Sabaton sur la scène du Knotfest 2019

Sabaton

 

Si l’on ne reste pas sur sa faim tant l’affiche est impressionnante, et que tellement les shows ont été de qualité, il y a quand même quelque chose qui me chagrine : nous n’avons pas vécu l’expérience « Knotfest ». A la place, nous avons vécu une très belle affiche dans des conditions que seul le Hellfest sait nous offrir. Si vous voulez savoir lesquelles, je vous invite à lire mon report sur le Hellfest, disponible bientôt…

Photos : Julien Zannoni

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