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MAYAN – Antagonise

Mayan, Antagonise

On peut l’affirmer : « Quarterpast » (2011) était plutôt convaincant. Des musiciens chevronnés, des mélodies inspirées, des guests bien choisis et, surtout, du son lourd à profusion ont fait de cette production un bon premier album. Bien sûr, les critiques n’ont pas omis de faire remarquer que le side-project de Mark Jansen n’était pas bien loin du « groupe-mère », en l’occurrence EPICA, formation créée il y a presque douze ans de cela par le guitariste. Sans même mentionner le fait que quatre des six membres de la formation ont rejoint MAYAN, la seule présence de Mark aux commandes laissait présager certaines ressemblances. À dire vrai, c’est surtout « Requiem for the Indifferent » (2012), l’album d’EPICA qui lui a succédé, qui a probablement le plus souffert des inspirations Death du side-project. Difficile, donc, de s’y retrouver dans tout cela. Difficile également d’exiger qu’un seul et même homme se divise en deux pour créer deux choses complètement différentes ! Mais nous aurons tout le temps de constater dans quelques mois les diverses influences du nouvel EPICA, quelles qu’elles soient. En attendant, nous pouvons nous délecter du deuxième album, « Antagonise », qui détrône de loin son prédécesseur, et qui scande haut et fort de quoi MAYAN – et MAYAN seulement, est vraiment capable.

 

Dès Bloodline Forfeit, force est de constater l’imposante présence des fûts d’Ariën Van Weesenbeek et des riffs soutenus de Frank Schiphorst. Rapide et direct, ce titre introductif nous plonge immédiatement dans l’ambiance, avec un petit quelque chose en plus qu’on ne saurait qualifier, une volonté de lâcher prise, sans pour autant créer un chaos inaudible. Mais nous ne sommes bien évidemment pas au bout de nos surprises ; Burn Your Witches est l’un des morceaux auxquels on adhèrera rapidement, notamment avec son refrain accrocheur et prenant. C’est d’ailleurs à la fin de ce morceau que l’on peut entendre une voix bien connue : celle de Floor Jansen en personne. Bien que la chanteuse n’apparaisse que sur le couplet final, elle termine ce très bon titre tout en beauté et en puissance. Paladins of Deceit présente sur sa première moitié une noirceur qui se voit intensifiée par les chœurs ; les vocalises de Laura Macrì alliées à la voix démoniaque d’Henning Basse contribuent à cette atmosphère sombre – mais jamais maussade. Les guitares lead, quant à elles, offrent une mélodie émouvante sur un son de caisse claire déchaînée, pour mieux porter les mots de Mark : « Freedom is just an illusion ». Lone Wolf est probablement le morceau le plus obscur, avec son tempo lent mais sa double pédale bel et bien présente, et les grunts caverneux de Mark qui complètent les cris aigus d’Henning.

Contrairement à « Quarterpast », le chant féminin est souvent en retrait et n’illustre que momentanément les grunts et le chant masculin. Il n’empêche qu’ Insano, seul moment paisible de l’album, fait la part belle au chant d’opéra de Laura, à l’instar d’Essenza di Te sur le premier album. Puis, comme pour nous sortir de nos rêveries, les hurlements de Mark surviennent au début de Human Sacrifice, l’un des morceaux les plus rentre-dedans ; c’est également le titre qui met en avant, non seulement la voix de Laura, mais aussi celle d’une deuxième invitée d’honneur : Marcela Bovio. De sa plus belle voix lyrique, la chanteuse fait une apparition altière des plus remarquable. Avec Lone Wolf et Human Sacrifice, Enemies of Freedom est le troisième morceau très sombre de cet album ; à en juger le discours de l’écrivain Wayne LaPierre qui l’introduit, il aborde le port d’armes aux États-Unis. Une accalmie survient pour mieux laisser place à la douce voix de Laura. On se plait à entendre une seconde fois la voix passionnée de Marcela qui accompagne Henning sur le refrain final.

Si les guitares et la batterie sont des protagonistes importants de « Antagonise », l’orchestre et les claviers de Jack Driessen ne sont pas non plus en reste, notamment sur Redemption, dans lequel on entend une brève (trop brève ?) réapparition de Floor sur le pont. Le titre brille tout autant par la variété de ses rythmes que par la quantité incroyable d’ingrédients qui le composent. Devil in Disguise n’est pas sans rappeler les premiers albums d’AFTER FOREVER, ou encore Serenade of Self-Destruction d’EPICA – impression vite interrompue par les martèlements rapides de la caisse claire. Enfin, Capital Punishment et Faceless Spies mettent clairement l’accent sur les éléments orchestraux, la guitare lead et les chœurs. Le piano, mais surtout les violons de Dimitris Katsoulis représentent la note d’espoir, la touche épique, le merveilleux point final à cet album enragé.

 

Avec ses riffs lourds et une batterie aussi fougueuse que diversifiée, « Antagonise » est une vraie réussite ; à n’en pas douter, sa brutalité n’a d’égale que sa créativité. Utilisés avec parcimonie, les orchestrations et les chœurs se mêlent parfaitement au reste sans rendre le tout indigeste. Jamais nous ne basculons dans la morosité, et l’on ne se privera pas de réécouter encore et encore certains passages, véritables joyaux qui jonchent la production. Seul regret : la participation bien trop restreinte de Floor. Heureusement, tout est mis en œuvre pour nous en consoler, du chant incroyable d’Henning à la technicité de la batterie, en passant par les belles envolées lyriques de Laura ou les guitares exaltées de Frank.

« Antagonise » affirme le style même de MAYAN et, contrairement au premier opus, parvient dans sa majorité à se démarquer d’EPICA. En réalité, si l’on devait à tout prix comparer la formation à un autre groupe, cette production nous évoquerait à juste titre des sonorités de GOD DETHRONED – dont Ariën a d’ailleurs fait partie. Cette année, nous ne pouvons qu’admettre que MAYAN devient enfin un groupe à part entière.

 

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