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MAYAN, De Helling, Utrecht, Pays-Bas, 22/09/2018 (RELEASE PARTY)

Laura Macri de Mayan à Utrecht en 2018

Il y a deux semaines pile, MAYAN sortait “Dhyana”, près de 5 ans après le très bon “Antagonise“. Afin de célébrer cette œuvre tant attendue, ce n’est pas moins de 13 musiciens que l’on a retrouvé sur scène à Utrecht, le 22 septembre dernier…

 

Frank Schiphorst de Mayan à Utrecht en 2018

Frank Schiphorst

Si on considère la popularité grandissante du groupe désormais constitué, on aurait pensé que la Release Party se déroule dans une salle plus prestigieuse que De Helling, ne serait-ce que pour mettre en valeur cette nouvelle production, dont les superbes parties orchestrales ont été confiées à l’Orchestre Philharmonique de Prague.

À défaut d’un grand spectacle, nous nous réjouirons néanmoins d’un concert intimiste et chaleureux porté par le professionnalisme et l’enthousiasme criant des artistes ici présents, dont la carrière bien remplie se doit d’être honorée ce soir. En effet, les fans du style ne sont pas sans savoir que Jack Driessen a participé au tout premier album d’AFTER FOREVER en tant que claviériste. Ils connaîtront également Marcela Bovio, qui a mené pendant onze ans le groupe STREAM OF PASSION, ou encore George Oosthoek, qui a été le visage et l’une des têtes pensantes d’ORPHANAGE. Et si la carrière d’Ariën van Weesenbeek et de Mark Jansen se porte aujourd’hui à merveille au sein d’EPICA, ils s’étaient auparavant évertués à développer respectivement les groupes GOD DETHRONED et… AFTER FOREVER !

 

Certes, ces formations ont reçu une certaine reconnaissance en leur temps. Mais on déplore qu’aucune n’ait réellement atteint le succès qu’elles auraient mérité. Aujourd’hui, MAYAN apparaîtrait presque comme une revanche, et la meilleure chose que l’on puisse leur souhaiter, c’est de continuer à ravager absolument tout sur leur chemin !

 

Dès The Rhythm Of Freedom, qui démarre sur des orchestrations tempétueuses avant le déferlement de la batterie, les réactions du public hollandais, pourtant connu pour sa réserve, sont instantanées ! Henning Basse, qui avait annoncé quelques semaines plus tôt son désengagement en tant que membre permanent, ressort avec les honneurs, que ce soit avec son chant altier et démoniaque ou sa voix douce et émouvante, comme brisée, mais porteuse d’espoir.

 

Mark Jansen de Mayan à Utrecht en 2018

Mark Jansen

 

Du côté de notre leader et créateur du projet, à savoir, Mark Jansen, on le sent rempli de gratitude et d’enthousiasme du début jusqu’à la fin, tel un père fier de ses enfants ! Il se fera un malin plaisir d’interagir avec chaque membre, comme pour mieux les remercier de faire vivre son “bébé”. À plusieurs reprises, il combine ses grunts agressifs à ceux de George, qui déborde décidément d’énergie sans faillir !

Quant à la voix fougueuse de Marcela, membre officielle depuis l’année passée, elle nous prend aux tripes sur Saints Don’t Die (qui n’est pas sans rappeler RHAPSODY, et même SEPTICFLESH par moments), Rebirth From Despair et The Power Process, titre-phare de « Dhyana », où les riffs puissants sont couplés aux orchestrations épiques avant un final tout en puissance.

 

George Oosthoek de Mayan à Utrecht en 2018

George Oosthoek

 

Sur le titre éponyme, Elianne Anemaat fait son apparition munie de son violoncelle blanc : avec délicatesse, elle accompagne les chanteuses pour un duo dans lequel on savoure les belles orchestrations « burtoniennes », en plus de la guitare sèche d’Arjan Rijnen (qui, pour on ne sait quelle raison, remplace Merel Bechtold à la seconde guitare !).

Plus tard, Laura Macrì présente Satori, pièce classique créée autour de son chant d’opéra italien, et grâce à laquelle nous pourrons “pleinement apprécier l’orchestre”. L’attitude de la vocaliste, pourtant dotée d’un chant lyrique majestueux et d’un coffre étonnant, ne s’apparente en rien à celle d’une diva d’opéra : en réalité, son humilité n’a d’égal que la splendeur de sa performance en crescendo, bien qu’elle ait gagné un peu plus d’assurance par rapport aux premiers concerts de MAYAN.

 

Marcela Bovio de Mayan à Utrecht en 2018

Marcela Bovio

 

Laura nous impressionnera également sur The Illusory Self, dans lequel le « petit » dernier Adam Denlinger, headbanger généreux, a tout le loisir de démontrer ses capacités au chant clair. On appréciera d’autant plus sa hargne sur Maya – The Veil Of Illusion, sur lequel Mark prêtera d’ailleurs son micro à Jack pour quelques cris haut perchés ! Ajoutez à cela des vocalises lyriques presque fantomatiques, et vous détenez là le passage le plus apocalyptique du set !

Sur album, Set Me Free clôt « Dhyana » de façon épique et explosive. En live, le ressenti est décuplé, tandis que sur les couplets, nous profitons du charisme scénique d’Henning.

Pour le rappel, MAYAN nous gratifie pour notre plus grand plaisir de titres extraits des deux premiers albums. Pour les non-néerlandophones, il sera impossible de saisir un traître mot de ce que Mark semble nous expliquer. Malgré tout, on finit par comprendre qu’il nous laisse le choix entre la pièce classique Insano et l’agressif Human Sacrifice… Et c’est sans surprise réelle que l’audience s’égosille pour réclamer le second ! À cette occasion, la petite Merel, que nous n’attendions plus, fait enfin son apparition pour se joindre à Arjan et Frank Schiphorst afin de livrer ses riffs furieux.

 

Jack Driessen de Mayan à Utrecht en 2018

Jack Driessen

 

Alors qu’Henning interpelle la foule, il partira dans une brève improvisation d’Everybody des BACKSTREET BOYS, très vite soutenu par le groupe, amusé ! À quand une reprise death metal de ce tube interplanétaire ?

MAYAN achève son set sur Faceless Spies, qui représente un des moments les plus poignants d’ “Antagonise”, puis Bite The Bullet, titre incontournable du premier album « Quarterpast », et dans lequel Henning et Adam se partageront les lignes de chant masculin dans la plus grande complicité. Après tout, il s’agira de la dernière apparition d’Henning avant longtemps, et bien que cela n’ait pas été officiellement confirmé, il est clair qu’Adam est amené à le remplacer définitivement.

Lors des saluts, Marcela aura failli être jetée dans la fosse par Merel et Frank… Malgré son fou rire, la chanteuse semble crier des “Non !” très expressifs, forçant les guitaristes à reposer leur collègue !

 

Les membres de MAYAN auront donné un sacré coup d’envoi à « Dhyana » avec cette Release Party ! Il ne reste plus qu’à leur souhaiter d’aller aussi loin que possible et de récolter enfin les fruits de leur travail, tout en préservant cette volonté de transmettre leur passion avec cette même authenticité…

 

Mayan à Utrecht en 2018

 

SETLIST

The Rhythm of Freedom
Tornado of Thoughts (I Don’t Think Therefore I Am)
Saints Don’t Die
Dhyana
Rebirth from Despair
The Power Process
The Illusory Self
Satori
Maya (The Veil of Delusion)
The Flaming Rage of God
Set Me Free

RAPPEL

Human Sacrifice
Faceless Spies – National Security Extremism Part 2
Bite the Bullet

 

Photos : Laili Soeng

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