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STAM – Slow Charge

STAM - Slow Charge cover

Souvent on me demande pourquoi j’écris sur Metal France. Bon peut-être pas souvent OK, mais ça arrive.
En effet, il n’y a pas de paie, peu d’avantages ou de reconnaissance… et ce temps passé à décortiquer des albums parfois merdiques pourrait être mieux employé à se gratter les couilles sur le canapé par exemple.
Il y a pourtant des raisons très simples : le plaisir de recevoir des albums en avance, le sentiment d’appartenance à un groupe, la joie de faire partager sa passion…
Toutes sont valables, et la liste n’est pas exhaustive.
Mais en ce qui me concerne, il en est une qui passe devant toute autre : la découverte.
Si, d’année en année, ma motivation peut fluctuer, mais ne jamais faillir, c’est bien parce que ma position privilégiée de chroniqueur m’a permit de découvrir des dizaines d’artistes aussi divers que passionnés. Certes, il y a aussi eu des grosses daubes. Mais c’est peu cher payé.

Avec STAM, nous tenons une de ces découvertes que je chérie tant. Pas tant par la qualité de la musique, bonne au demeurant et j’y reviendrais, que par le profil atypique de son géniteur.
STAM, c’est en fait un seul homme. Je devrais même dire jeune homme car le sieur n’a que 16 ans.
Et malgré son jeune âge, Mathis, puisque c’est son prénom, a déjà quelques cordes à son arc : guitare, basse, batterie, chant et production. Rien que ça. Il n’en fallait pas plus pour attirer mon attention, d’autant plus que la musique produite navigue dans les eaux metalcoreuses et modernes dont je suis particulièrement friand.

Sur le papier, on a donc affaire à un prodige. Restait l’épreuve de l’écoute à proprement parler. Quelques notes suffisent : ça tient la route !
Déjà chapeau pour le son. Si on sent bien qu’on n’a pas entre les mains une production Roadrunner, le traitement sonore n’a vraiment rien d’infamant, chaque instrument étant correctement mis en valeur. Le mix de la voix est également à propos, parfaitement audible sans écraser la musique.

Il fallait bien ça pour appuyer les compositions de STAM.
L’EP s’ouvre sur « Slow Charge », au riff d’entrée aux faux airs de « California Dreaming » de HOLLYWOOD UNDEAD. Mais la comparaison s’arrête là. Musicalement, on est plus proche d’un metalcore moderne et mélodique à la MALRUN, WEARING SCARS ou bien sûr les inévitables TRIVIUM, manifeste influence principale.
Impression confirmée dès le deuxième titre « Monstrous » dont le riff n’est pas sans rappeler les américains à leur époque Ascendancy (on pense à un titre comme « Like Light To Flies »).
Tout au long de ces 4 titres, on conservera cette approche très mélodique dans l’écriture, aussi bien au niveau de la guitare que du chant. Le jeune compositeur n’est d’ailleurs pas avare de soli et s’en sort plutôt bien, malgré quelques légères approximations.
Niveau vocal, on reste dans un classique enchaînement voix claire/voix hurlée. Rien de très original pour le style mais c’est ici bien exécuté, notamment un growl déjà fort puissant. Le chant clair, sans être désagréable, reste lui à peaufiner  mais la marge de progression est évidente.

Malgré le faible nombre de morceaux, on notera une volonté de varier les couleurs.
« Leave Me Alone » nous entraîne dans un spleen typiquement neo metal, tandis que « The Flinch », morceau un peu plus faible, dispose d’un refrain très alternatif dans la lignée des références du genre ALTER BRIDGE.
Sans surprise, on sent que ça se cherche encore un peu musicalement. Mais il faut être honnête, le niveau de maîtrise est déjà assez bluffant.

Alors qu’à 16 ans je passais mes journées sur Counter-Strike dans l’attente fébrile que mes téléchargements de pornos sur E-mule daignent se compléter, certains au même âge composent et auto-produisent un EP. De quoi vous foutre des complexes !
Malgré cette auto-détestation et une pointe de jalousie, je ne peux que m’incliner devant le travail accompli. Il est honnêtement impossible à l’écoute d’imaginer que derrière Slow Charge se cache un one-man band créé par un mec de 16 ans.
Il ne me reste qu’à souhaiter à cet artiste précoce une carrière aussi belle que les promesses qu’il a semé.

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