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Cover de l'album éponyme Unheaven

Avec des groupes comme GOROD, KALISIA, PITBULLS IN THE NURSERY ou TREPALIUM, la France s’est placée sur la carte du monde en vivier inépuisable de formations death/prog de qualité. Notre beau pays est en revanche moins connu pour ses formations de metal progressif « classique », et ce malgré quelques représentants franchement solides comme HYPNO5E ou CONSCIENCE.
Alors quand je reçois pour chronique la première livraison d’un groupe 100% français, instrumental de surcroît, ma curiosité est immédiatement piquée.
Le jeune groupe UNHEAVEN présente un premier album perfectible, mais de qualité, au croisement de plusieurs inspirations.

Que ce soit clair, les français ne sont pas de simples copieurs et tentent d’établir leur propre son.
On décèle cependant l’influence de plusieurs formations majeures du style.
Evidemment, jouer du prog technique un peu heavy implique que DREAM THEATER n’est jamais bien loin. Mais ce n’est à mon sens pas l’influence numéro 1 du groupe. Ou si ça l’est, ils s’en éloignent assez franchement.

Le piano, omniprésent dans leur musique et souvent utilisé de manière très émotionnelle, invoque l’intensité des MOUSE ON THE KEYES, GOD IS AN ASTRONAUT et autres amoureux de la corde frappée (l’intro de « Reborn », « Volcano »).
Quand le groupe se fait plus puissant sur « Bridge » ou « Reborn », on pense au heavy pas trop méchant des RUSSIAN CIRCLES ou INTERVALS.
Et quand il lorgne vers le death/prog à plusieurs occasions (« Coliseum », « Bridge »), le spectre des très mélodiques SYMBYOSIS semble planer sur leur son.
Vous conviendrez que nous sommes plutôt en bonne compagnie.

La grande force de UNHEAVEN est son utilisation très intelligente du piano. Véritable fil conducteur de l’album, il sait se faire enjôleur, tantôt grandiloquent, tantôt plus subtil, pour finalement partir en cavalcade effrénée.
On a souvent ce sentiment contradictoire que piano et reste du groupe jouent une partition bicéphale et pourtant jamais l’ensemble ne perd en cohérence, démontrant un bon niveau de maturité pour un aussi jeune groupe.

C’est assez frappant sur le très jazzy « Ashes » aux faux airs de jam session, véritable point d’orgue de l’album avec ses soli de guitare plein de groove. Ici, piano et guitare semblent de prime abord emprunter des routes différentes. On se rend finalement bien vite compte que les deux se parlent pourtant avec simplicité et cohérence.

Il est dommage que le groupe flanche parfois sur la construction de l’ambiance.
« Reborn », par exemple, s’avère légèrement bancale dans son entièreté. Le groupe change trop vite d’atmosphère, et la belle intro au piano annonciatrice d’une envolée progressive s’efface rapidement et abruptement au profit d’une partie plus orientée death prog. C’est d’autant plus dommage que chaque partie prise indépendamment est absolument impeccable, entre douceur mélodique et rage heavy.

On reproche souvent au prog ses longueurs, je crois pourtant que c’est justement en prenant son temps qu’on amène l’auditeur où l’on veut.
Chaque titre dure ici environ 6 min, sur certains je n’aurais honnêtement pas craché sur 3 ou 4 minutes de plus pour développer le propos. Le groupe en a très manifestement le talent et me laisse donc parfois sur ma faim.

Un talent de composition certain, un point fort limpide et des pistes d’améliorations claires : généralement ces trois éléments réunis sur un premier essai sont de très bon augure pour la suite. Charge à UNHEAVENde confirmer tout le potentiel entrevu sur leur prochain effort.

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